Des bidonvilles aux portes de Paris ...

Photo des bidonvilles de Nanterre prise par Jean Pottier en 1955
(voir d'autres photos sur son site)
Parmi tous les bidonvilles, ceux de Nanterre et de Noisy-le-Grand furent les plus célèbres en périphérie de Paris. Celui de Nanterre, à une demi-heure de Paris s'est développé dans un quartier de baraques occupées par des de familles de chiffonniers parisiens depuis le début du siècle. A l'emplacement actuel de la faculté, se trouvait le bidonville de la Folie sur un terrain vague de 21 hectares.

Insalubre et dangereux pour la santé, le bidonville marque négativement ses habitants. L'adresse en bidonville, reconnue valable pour certains documents et l'obtention de certains droits, ne l'est plus pour d'autres. Sur la carte de séjour et de travail, les préfectures indiquaient "absence de domiciliation", les autorités ne délivraient pas de certificat de domicile, indispensable aux familles se rendant en Algérie pour pouvoir rentrer en France ensuite, aux habitants des bidonvilles.
Bidonville de Nanterre en 1964
La loi Debré dont l'objet était l'éradication des bidonvilles est votée le 14 décembre 1964. Mais la plupart du temps après la destruction d'un bidonville, les familles n'avaient pas d'autre ressource que d'aller s'installer dans d'autres taudis.
En 1966 une enquête officielle nationale donne les résultats suivants : Paris et sa banlieue avec 119 bidonvilles regroupe environ 4100 familles et 47000 personnes. Huit communes hébergent à elles seules les deux tiers de la population des bidonvilles : Champigny-sur-Marne, Nanterre, Saint-Denis, La Courneuve, Gennevilliers, Massy. L'enquête montre que les bidonvilles rassemblent majoritairement mais non exclusivement des habitants de nationalité étrangère : 42% de Maghrébins, 21% de Portugais, 6% d'Espagnols et 20% de Français parmi lesquels beaucoup habitent l'îlot de Noisy-le-grand (composé à 80% de Français).
Ce n'est qu'en 1970 que le gouvernement se décida a prendre des mesures concrètes. Jacques Chaban Delmas après une visite du bidonville d'Aubervilliers déclare : "J'ai pu constater des conditions d'existence insupportables et pourtant elles sont supportées par ceux qui les subissent (...),J'ai vu un bidonville le long d'un canal, à un endroit appelé "le chemin de halage": dans la boue, avec les bruits incessants des pelles mécaniques qui creusent, des camions qui vont et viennent, en bref, un genre "Quai des brumes" mais sans Michèle Morgan... Il y avait là des centaines de familles : les hommes étaient au travail, il restait les femmes avec une multitude d'enfants (...). Il y avait longtemps que je n'avais pas vu un pareil spectacle".
Se mit alors en place une politique réelle resorbtion des bidonvilles. Les familles furent relogés en Cités de transit, conçues, au départ, comme une étape durant laquelle les familles sont accompagnées par une équipe socio-éducative qui cherche à favoriser leur "promotion" sociale, ce n'est, en fait, qu'en 1985, que disparait la dernière cité de transit.

Il créera ensuite Emmaüs pour lutter contre la pauvreté.